(la démarche en bref ci-dessous)
# Le paysage est l'image d'un territoire, l’espace de vie d’une société humaine
Une société marque son territoire au cours du temps par ses activités, par sa relation à son environnement, par son genre de vie. Le paysage est l’image la plus familière que nous avons du territoire. C’est donc, par excellence, la porte d'entrée à privilégier pour permettre à chacun·e de comprendre son cadre de vie… pour autant qu’on en ait les bonnes clefs !
# De quoi s'agit-il en pratique ?
> Une formation sur mesure et orientée « pratique professionnelle » pour développer ses compétences et une expertise en analyse paysagère, grâce à 9 Ateliers thématiques.
Au terme de cette formation, vous deviendrez un expert en analyse paysagère, un maître de ces clefs qui permettent de faire voir à ses interlocuteurs ce qui se cache au-delà du paysage : l’inscription dans le territoire des interactions entre le genre de vie des sociétés d’aujourd’hui et d’hier qui y ont vécu avec la nature, sauvage puis domestiquée, présente dans ce territoire. Le paysage nous met en relation directe avec l’interface culture/nature qu’est le territoire, une interface dynamique qui se transforme sous le coup des évolutions tant historiques que géologiques.
tous les détails de la formation sur le [site dédié de la Formation Continue en Sciences à l'Université de Namur](https://www.cefoscim.be/paysages/).
# plus de 180 h d'apprentissage, dont plus de 20 journées sur le terrain
Les journées de formations sont groupées par Atelier, 3 ou 4 vendredi qui se suivent suivant différents thèmes:
## Paysages ruraux
- Atelier 1 | Lire les paysages ruraux, interpréter le territoire rural
- Atelier 2 | Typologie régionale des paysages ruraux
- Atelier 3 | Genèse des campagnes : de la fondation à la métropolisation
## Paysages urbains
- Atelier 4 | Lire les paysages, interpréter le territoire urbain
- Atelier 5 | L'urbanisation industrielle en centre-ville et en proche banlieue
- Atelier 6 | L'urbanisation postindustrielle dans le centre-ville, la banlieue et l'espace périurbain et les impacts de la métropolisation
## Autres paysages
- Atelier 7 | Paysages forestiers
- Atelier 8 | Arbres des champs, Arbres des villes: l'arbre dans le paysage en dehors de la forêt
- Atelier 9 | Paysages de l'Après-Pétrole
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# La démarche en bref
La lecture du paysage s’articule en trois opérations mentales principales qui se combinent:
- inventaire dans les paysages des éléments qui caractérisent le territoire: **données paysagères et marqueurs territoriaux**
- identification des agencements de ces éléments les uns par rapport aux autres: **structures territoriales**
- interprétation de l’organisation spatiale du territoire au départ des données collectées dans les paysages: **géosytème territorial**
La lecture du paysage, à l’instar de celle d’un texte, implique de la sorte la maîtrise de trois démarches interconnectées:
- être capable d’**identifier des signes** (lorsqu’on lit un texte il faut d’abord reconnaître les caractères qu’il contient)
- être capable d’**associer les signes en structures** explicites (la lecture d’un texte passe par l’association des caractères qu’il contient en mots explicites, des mots en phrases, des phrases en paragraphes…)
- être capable de **donner du sens aux structures** mises en évidence (au fur et à mesure qu’il parcourt son texte, le lecteur donne du sens aux mots, aux phrases, aux paragraphes, au texte.)
Chacune des étapes de la lecture du paysage requiert la maîtrise d’outils qui vont permettre de systématiser les démarches et de les approfondir. Le paysage nous est tellement familier que si l’on n’y prend garde, l’inventaire des données paysagères peut s’avérer fragmentaire et trop superficiel. Faute de données suffisantes l’analyse peut dès lors conduire à une interprétation fallacieuse du territoire.
Prenons l’exemple des haies dans les paysages de grandes cultures du nord de la Wallonie. Hors des villages, le long des chemins qui traversent les terres de cultures, on repère ça et là des vestiges de haies: buissons d’aubépines, de prunelliers, pieds de charmes, de chênes ou de noisetiers. Ces espèces sont associées aux haies champêtres et certains vont conclure que le chemin était jadis entièrement bordé d’une haie. Dès lors, ils vont affirmer que ces haies ont disparu car elles ont été arrachées partout ailleurs, y compris en bordure de champ. Conclusion hâtive! S’il y a bien eu des haies encadrant les chemins, il n’y en a jamais eu ceinturant les champs, c’était même rigoureusement interdit. L’interdiction d’enclore est de règle dans nos campagnes jusqu’au milieu du 18e siècle. Elle découle directement de la pratique de la vaine pâture c’est-à-dire du parcours des parcelles vides « vaines » (champs après moisson, pré de fauche après fenaison) par le troupeau villageois. L’exercice de cet élevage communautaire requérait le libre parcours du troupeau. Les différents propriétaires fonciers ne pouvaient dès lors entraver le passage du bétail par des enclos.
Cet exemple montre à souhait que la méconnaissance du contexte historique et singulièrement de données relatives aux pratiques agro-pastorales anciennes dans ce cas peut induire une interprétation erronée du paysage actuel.
La formation vise la maîtrise des outils qui s’avèrent indispensables à la pratique de l’analyse paysagère. Ils sont de quatre ordres:
- outils méthodologiques
- outils conceptuels
- outils techniques
- référentiels
Les **outils méthodologiques** incluent les trois grandes démarches mises en œuvre dans la démarche heuristique (démarche scientifique): **observation, structuration, interprétation**.
Les **outils conceptuels** recouvrent le champ lexical propre à la description du paysage et du territoire.
Les **outils techniques** englobent les techniques de collecte et de traitement des données territoriales et paysagères. Une attention particulière est accordée aux outils graphiques et cartographiques qui sont d’une aide précieuse tant dans la phase de structuration que lors de l’interprétation du territoire.
Les **référentiels** synthétisent l’ensemble des données géo-historiques permettant de contextualiser les structures territoriales. Une connaissance minimale des grandes étapes de la genèse des campagnes est indispensable pour renouer avec les logiques des différents acteurs qui ont marqué le territoire de leurs empreintes au cours du temps.